lundi 2 août 2010

J'aurais aimé.

J'aurais aimé voir les étendues sacrées du désert
J'aurais aimé monter sur le toit du monde, mais y'avait trop de monde
J'aurais aimé visiter les ruines perdues de l'extrême bout de la Terre
J'aurais aimé sentir les encens immortels de l'Orient, telle une sonde

J'aurais aimé suivre les oiseaux dans l'infini du ciel
J'aurais aimé saisir les bouts de ciments des cités de l'US
J'aurais aimé connaître tous ceux et toutes celles
J'aurais aimé vivre en ermite dans les ombres et l'ivresse

J'aurais aimé te voir danser pour moi, vois tu
J'aurais aimé qu'enfin, une soirée, la vie s'arrète
J'aurais aimé qu'en fait je ne sois plus dépendant de ces culs
J'aurais aimé marcher sur la route, de Paris jusqu'à Sète

J'aurais aimé mourir et renaître plus tard
J'aurais aimé souffrir les mille tourments de l'enfer
J'aurais aimé m'écorcher vif et que cela soit de l'art
J'aurais aimé écrire, mais en sachant quoi faire

samedi 17 juillet 2010

La Bien Nommée

La bien nommée présence d'un beau paysage
Et la transcendance d'une fleur de nuages
Qui virevolte au loin, dans les brumes profondes
Des créatures des bois, des créatures d'onde

Un son de basse près d'une oreille bourrée
Un son de crasse, O.K., mais d'une intensité
A faire pleurer les ombres, à faire se sentir
A l'aise dans le vent, et l'ombre d'un menhir

Et la peau des regrets se retrousse devant
L'herbe de la forêt, et le soleil levant
Sur la mer et les mouettes qui piaillent encore

En croyant que dans tes frites il y a trésor
Sur la digue des âmes en peine d'un repos
C'est là qu'il faut bien être, partir en est de trop.

mercredi 14 avril 2010

Junkie Beat #2

La jungle irréelle flotte comme un poème
Au dessus de sa tête, dans la fumée d'encens
Allongé dans un lit, il regarde sans gemmes
Les singes rigolards et les vicieux serpents

L'opium fait tourner ce somptueux décor
Sorti de la défonss' d'une chambre de bonne
Les indiennes nues y font tourner leurs corps
Au dessus de sa tête, oh putain ! Quel trésor !

Junkie Beat #1

Arrogant femme, petite comme une oie
Un bout de sein dépasse, et encore on y croit
A l'extase de ton cœur si fragile à prendre
Aux caresses de ta bouche au goût des amandes

Les feuilles mortes suivent les bords de ta jupe
Et les clochards aux yeux vitreux de tous leurs stups
Bavent devant tes fesses et perdent la raison
Ils dansent sur ta route, ils entonnent ton nom

Quand à lui que tu aimes, il ne t'attendra pas
Il s'est shooté de toi un grand nombre de fois
Maintenant il erre, tout défoncé qu'il est

Dans les rues de Paris, de Toulouz', je ne sais
Sans cesse à ta recherche et sans cesse à te fuir
Il recommencera sans arrêt ses délires.

Mélodrame.

Combien de fois faut-il encore
S'étendre en long sur ce ressort?
Effleurer de mes doigts ton corps
Nu, étendu, juste un peu mort?

Des baisers que j'ai fait sur toi
A poil, l'été, suant parfois
Allongé là, au fond des draps
Respirant l'air chaud de ton toit

L'époque jeune est révolue
Et ma Bohême n'y est plus
Les rêves d'enfant sont partis

Mais quand vient la nuit, je pense
A toi et moi, à notre danse
Mon rêve d'adulte est exquis.

- A Mark Tapley, qui m'a redonné l'envie d'écrire des petites rimes.

Noirceurs

Écorche moi des jours
Et des jours entiers
Crève moi, mon amour
Arrache moi le nez

Perce moi les deux yeux
Et lacère mon dos
Découpe moi la peau
Et jette la au feu

Mange mes intestins
Et brise moi les reins
Enfonce des aiguilles
Sur mes pauvres chevilles

Crucifie mes deux bras
Sur un tas de scories
Flamboyant, et des rats
Me boufferont ici

Pour finir, castre moi
Arrache moi les couilles
Jette les, et puis souille
Mon visage six fois

J'agoniserai donc
Des années, et puis on
Me laissera enfin
Crever entre tes seins.

samedi 10 avril 2010

Lévi-Stauss

Un océan, violet et bleu
S'étend à perte de vue
Des marsouins bourrés jouent un jeu
De dupe, ils s'envolent là, au dessus

Des poissons volants font la ronde
Et s'amusent avec une sirène
Ils s'achètent le monde
Des bulles rouges, vertes, jaunes, pleines.

Un buffle d'eau s'entortille autour
D'une algue, douce comme une plume
Il revient sûrement du Darfour
Il sort sa pipe et fume

Les bras piqués par les écumes
Défoncé, d'opium jusqu'à la poudre
Tu te noies avec ta thune
Tes yeux sont vissés par la foudre

Et tu planes dans cette immensité
Conscient de vivre, hyperstimulé de tout
On ne voie que le vitrail de tes yeux, hé
J'aimerais savoir qui - toi ou moi?- est fou.

D'orge et de lumières

Une plume va, volant dans un désert glacé
Elle tourne sur elle même, chevauchant les rafales
D'un vent froid de décembre, délices agglomérés
Entravées par les branches, elle se tue en un râle

La liberté lui manque, ou aller maintenant?
Un air sentimental lui revient à l'esprit
Mélodie d'amour fou et rêves de géants
D'ivresse, de parfums et de mines réjouies

Pourquoi vivre sans ailes, comment faire pour voler
Si la vie nous réserve tant de déceptions?
Si tout est dérisoire, on peut encore lutter
Et si la mort au bout n'était qu'une illusion...

Quand bien même viendraient les démons et les diables
Ruiner de toute une âme la joie et les travaux
Il resterait encore l'acharnement des fables
Les rires des enfants et leurs éclats si beaux

Si le feu des combats venait jusqu'en ton sein
Et si le mal rongeait tes yeux si pleins de tout
Il nous faudrait lutter, lutter jusqu'à la fin
Et des peurs éternelles enfin venir à bout.